
Les quatre îles ne se départagent pas sur la beauté, mais sur ce que le tarif affiché cache et sur ce que chacune interdit. La Réunion pour marcher et tout maîtriser, Maurice pour la polyvalence, les Seychelles pour la nature sans moteur, les Maldives pour l'eau et rien d'autre.
Une chambre affichée 300 dollars la nuit aux Maldives se règle autour de 405 dollars, taxes et service obligatoires compris, avant même l'hydravion qui vous y dépose. Le choix entre les quatre destinations de l'océan Indien se joue là, dans les lignes que le moteur de réservation n'affiche pas, et dans ce que chaque île interdit. Chiffres arrêtés au 31 juillet 2026.
Aux Maldives, le supplément est structurel. La TGST, taxe sur les biens et services touristiques, est passée à 17 % le 1er juillet 2025 selon la Maldives Inland Revenue Authority, et s'applique à tout, chambre comprise. S'y ajoutent 10 % de service charge et une Green Tax de 12 dollars par personne et par nuit en resort, 6 dollars en guesthouse de 50 chambres ou moins sur une île habitée, doublée au 1er janvier 2025. Soit 27 % mécaniques, plus un forfait par tête et par nuit. La taxe de départ, elle, oscille selon les sources entre 25 et 50 dollars en classe économique, et se règle en général avec le billet.
Aux Seychelles, le supplément se paie en espèces à la réception. Depuis le 1er janvier 2026, la Tourism Environmental Sustainability Levy est perçue par personne et par nuit par l'hébergeur : petits établissements exonérés, 75 roupies seychelloises de 25 à 50 chambres, 100 roupies au-delà et pour les yachts et îles-hôtels. Elle n'est jamais intégrée aux réservations en ligne. Ajoutez l'autorisation de voyage électronique, obligatoire et payante, autour de 11 à 12 euros par personne.
À Maurice, le problème n'est pas la taxe mais la part captée par l'hôtel. Le rapport AXYS sur l'industrie hôtelière 2026, relayé par Le Mauricien en février 2026, avance un chiffre qui devrait figurer dans tous les comparatifs : 73 % du budget du touriste sont absorbés par l'hébergement, contre 52 % en 2000. Sa conclusion : « Ce n'est plus un écosystème, c'est un entonnoir. » Un 4 étoiles y coûte en moyenne 254 euros la nuit selon Où et Quand, environ 53 % de plus qu'en France, quand un repas de gargote se paie 3 à 15 euros. Le tout inclus détruit cet avantage, le voyage individuel le préserve.
À La Réunion, ni taxe environnementale, ni transfert obligatoire, ni change défavorable, mais un surcoût permanent. L'INSEE a mesuré en 2022 des prix supérieurs de 8,9 % à ceux de la métropole, dont 36,7 % sur l'alimentaire et 6,2 % sur les restaurants et hôtels, écart qui se creuse depuis 2010. Le montant affiché reste toutefois le montant payé, en euros. La nuit démarre à 82 euros au Relais des Cimes, à Hell-Bourg dans le cirque de Salazie, à 65 euros pour le studio des Cocottes Terre Sainte, à Saint-Pierre.
Aucune route, aucun pont ne relie les îles. Chaque resort occupe la sienne et se rejoint en hydravion, en vedette rapide ou en vol domestique, et ce transfert n'est presque jamais compris dans le prix de la chambre : de 300 à 2 300 dollars par personne aller-retour selon la distance, de 400 à 600 euros par personne en hydravion pour les atolls éloignés. Pour deux, cela vaut couramment deux à quatre nuits.
La contrainte est aussi horaire : les hydravions ne volent qu'à la lumière du jour, en gros de 6 h à 16 h 30, et l'attente au terminal dure couramment d'une à quatre heures. Travelermag en tire le calcul qui manque aux brochures : pour quatre nuits, « une demi-journée d'arrivée, trois journées pleines, une demi-journée de départ. Quatre nuits payées, trois jours de vacances réelles ». Ajoutez qu'il n'y a aucun commerce sur une île-resort : crème solaire oubliée, la boutique de l'hôtel facture environ le double.
La Réunion est une montagne dans l'océan avant d'être une île de plage : 2 512 km², le Piton des Neiges à 3 070 mètres, le Piton de la Fournaise à environ 2 630 mètres, un classement UNESCO depuis 2010 pour les « Pitons, cirques et remparts », un peu plus de 40 % de la surface. Plus de 900 kilomètres de sentiers balisés, un GR R2 d'environ 130 kilomètres, et Mafate, cirque qui ne se rejoint qu'à pied ou en hélicoptère. Le lagon, lui, tient en douze kilomètres sur la côte ouest, sur des fonds qui n'excèdent pas deux mètres. C'est aussi la seule des quatre où la carte Vitale fonctionne.
Nos réserves. La voiture n'est pas un confort mais une nécessité : Car Jaune dessert les communes du littoral, pas les départs de randonnée ni la plupart des plages. Les distances trompent, 40 kilomètres de route de montagne peuvent demander une heure et demie. La côte ouest est sèche quand la côte est reste arrosée toute l'année. La saison cyclonique court du 1er novembre à la mi-mai : en janvier 2024, le cyclone Belal a fermé la plupart des sentiers de Mafate et décalé de deux mois la saison touristique.
Où dormir. Pour la randonnée dans les cirques, Cilaos et sa case créole de Notre-Dame-des-Neiges, Case Nyala, à partir de 90 euros avec le petit-déjeuner, ou nos adresses de pleine nature autour de Hell-Bourg. Pour la côte sous le vent, Saint-Leu, où l'Iloha Seaview Hotel disperse ses bungalows dans trois hectares de jardin et où Leu Pied dans l'Eau aligne trois villas sur un deck de trente mètres, comme le reste de notre sélection pieds dans l'eau. Pour une baignade autorisée, Saint-Gilles-les-Bains et l'Hôtel Le Boucan Canot, qui domine la plage du même nom.
Maurice a reçu 1 436 250 visiteurs en 2025 selon Statistics Mauritius, la France en premier marché (337 502) et La Réunion en troisième (145 029) : les Réunionnais y vont en week-end, à 45 à 50 minutes de vol. C'est la seule des quatre qui combine lagon, intérieur et culture dans un même séjour. Le Parc national des Gorges de la Rivière Noire, créé en 1994, couvre environ 6 750 hectares et plus de 50 kilomètres de sentiers balisés, entrée gratuite. Le Piton de la Petite Rivière Noire y culmine à 828 mètres. Deux biens UNESCO, tous deux culturels : l'Aapravasi Ghat et le paysage culturel du Morne.
Nos réserves viennent en grande partie de l'île elle-même. Les arrivées ont reculé de 5,8 % au premier trimestre 2025, surtout sur les marchés européens, selon Le Figaro. Matthieu Mariotti, directeur adjoint du tour operating chez Kuoni, y déclare que « la plupart des établissements haut de gamme sont vieillissants » et que « très peu offrent des villas avec piscine ». L'article décrit aussi un service jugé inégal et le départ des diplômés mauriciens de l'hôtellerie vers les Seychelles, les Maldives ou les Émirats. Sur place, toutes les plages ne sont pas de sable fin, le corail concassé impose souvent des chaussures d'eau. Enfin, les sorties dauphins de Tamarin ou de l'île aux Bénitiers font l'objet de critiques documentées, les animaux étant encerclés par plusieurs bateaux : nous les déconseillons.
115 îles, 455 à 460 km² de terre dispersés sur 388 500 km² d'océan et environ 394 000 visiteurs en 2025 : les Seychelles sont de très loin l'archipel le moins fréquenté des quatre, contre 1,44 million à Maurice et 2,25 millions aux Maldives. Deux atouts objectifs : l'archipel est réputé épargné par les cyclones, et toutes les plages y sont publiques, resorts compris. Le conseil le plus utile que nous ayons relevé porte sur les algues : les alizés les poussent sur les rivages sud et est de mai à octobre, nord et ouest de novembre à avril. Loger du côté « algues » coûte nettement moins cher, et quinze minutes suffisent à traverser l'île pour se baigner ailleurs.
Nos réserves. Le budget d'abord : un couple ayant passé trois semaines sur place en île-hopping, self-catering et take-away a dépensé 7 572,59 euros à deux, vols compris. Le contenu ensuite : un voyageur ayant visité 158 pays écrit qu'il ne saurait pas comment s'occuper pendant deux semaines sur place. Plusieurs plages, non protégées par un récif, cessent d'être baignables selon la saison. Et il n'existe pas d'assurance tous risques sur les locations de voiture, avec des franchises de l'ordre de 1 500 euros.
1 192 îles selon le ministère du tourisme maldivien, un point culminant à environ 2,4 mètres, le plus bas de tous les pays du monde. 2,25 millions de visiteurs en 2025, dont 73 % en resort et 22 % en guesthouse. La France n'est que le 10e marché des Maldives, environ 2,3 % des arrivées : moins de personnel francophone, moins d'offre en français, moins de vols. Elle est en revanche le premier marché de Maurice et le deuxième des Seychelles.
Il existe en réalité deux Maldives. En 2009, le gouvernement a levé l'interdiction d'héberger des touristes sur les îles habitées ; la BBC recensait fin 2025 plus de 1 200 guesthouses sur 90 îles locales, où séjournent environ 500 000 visiteurs par an. À la nuitée, l'écart avec le resort approche un facteur vingt : un témoignage documenté fait état de 271 dollars pour cinq nuits en guesthouse contre 2 040 dollars pour deux nuits en resort. On y troque l'alcool et le service contre la vie du village.
Nos réserves. L'ennui est le grief le plus documenté : plusieurs récits rapportent des voyageurs lassés dès le troisième jour, parce qu'ils attendaient une destination à explorer. Le guide IM Maldives écrit qu'un voyageur culturel s'y trouve dans une « mauvaise destination » et lui conseille deux à trois nuits, contre sept et plus pour un plongeur ; d'autres sources soutiennent l'inverse. La variable décisive n'est donc pas le pays mais la taille de l'île. Autre limite, le monopole : un seul restaurateur, une seule grille tarifaire, aucune alternative sans repayer un transfert.
Arrêtées au 31 juillet 2026, ces informations bougent vite et se revérifient auprès des compagnies avant toute réservation.
Côté formalités, même date et même précaution. Rien à prévoir pour La Réunion, territoire français. Pas de visa pour Maurice en deçà de trois mois, mais un passeport obligatoire, valide pour la durée du séjour selon France Diplomatie, six mois selon la quasi-totalité des sites commerciaux : nous conseillons les six mois. Aux Seychelles, l'autorisation de voyage est payante et se demande sur le portail officiel seychelles.govtas.com, nulle part ailleurs. Aux Maldives, pas de visa en deçà de 30 jours, mais un passeport valide six mois après le retour et une déclaration IMUGA dans les 96 heures précédant l'arrivée puis le départ : gratuite sur le portail officiel, elle est facturée jusqu'à 69 euros par certains sites tiers.
Dernière précision : les adresses publiées dans notre sélection se limitent pour l'instant à La Réunion. Pour Maurice, les Seychelles et les Maldives, nos pages pays servent de repères, pas encore de carnet d'adresses.
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