




Ojai est une vallée fermée de quelque huit mille habitants, orientée est-ouest sous les crêtes découpées des monts Topatopa, à une vingtaine de kilomètres à l'intérieur des terres depuis Ventura. Le centre tient en trois pâtés de maisons autour d'Ojai Avenue, avec l'arcade blanchie à la chaux, le clocher de 1917, la librairie de plein air Bart's Books et le marché de producteurs du dimanche ; c'est la seule partie de la vallée qui se parcourt à pied. L'ouest, vers Meiners Oaks et Mira Monte, est plus résidentiel et moins cher, à dix minutes du centre par l'Ojai Valley Trail, ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable. La route 33 remonte ensuite vers Wheeler Gorge et la Los Padres National Forest, où commencent les randonnées. Le fameux pink moment, ce rose qui prend les Topatopa quelques minutes avant le coucher du soleil, se voit surtout depuis l'est de la vallée.
Trois réserves. La chaleur d'abord : l'été dépasse couramment 35 °C l'après-midi dans cette vallée sans brise marine, et la piscine n'est pas un agrément mais une nécessité de juin à septembre. L'incendie ensuite : le Thomas Fire, déclaré le 4 décembre 2017, a parcouru plus de 281 000 acres entre Ventura et Santa Barbara et menacé directement Ojai avant de devenir, à l'époque, le plus grand incendie de l'histoire moderne de la Californie ; la vallée reste classée en zone de risque élevé et les coupures préventives d'électricité y sont fréquentes en automne. Le rythme enfin : presque tout ferme entre 20 h et 21 h, il n'y a ni chaîne hôtelière ni transport public utile, la taxe d'occupation municipale s'élève à 15 % et s'ajoute au prix affiché, et la plupart des adresses imposent deux nuits minimum le week-end. Ojai se choisit pour ce qu'elle n'a pas.
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La destination vient après.